Vingt-trois stations ont été expertisées en 2025 par pêche à l’électricité dans l’objectif d’obtenir l’indice IPR et ainsi conforter les connaissances sur le bon fonctionnement des peuplements présents sur les 3 bassins versants de la Lozère (Adour-Garonne, Loire-Bretagne et Rhône-Méditerranée). Les conséquences de la sécheresse de 2022 sur ces cours d’eau de gabarit moyen n’étaient pas encore bien connues. Après un été 2022 très sec, les températures sont redescendues et l’étendu des cours d’eau « asssecs » s’est stabilisé. La sécheresse s’est malheureusement poursuivie pendant l’automne 2022 et l’hiver 2023. Il aura fallu attendre les pluies efficaces de fin mai / début juin 2023 pour voir la situation hydrologique revenir à la normale. Malgré tout, en plus de ces différents phénomènes hydrologiques défavorables sur les 2 dernières années, des crues printanières sont venus altérés les peuplements en 2024 et ont fortement altéré la reproduction de la truite fario et des cyprinidés d’eau vive. Le bilan 2025 reflète les conséquences des impacts des crues et sécheresse précédentes sur les cohortes 1 et 2+. On retrouve malgré tout une belle reproduction de l’année (0+).
La carte suivante rassemble tous les résultats. Le bilan est mitigé avec une station de qualité excellente, 14 stations avec un indice jugé « bon », 7 stations avec un indice jugé « moyen » et une jugée « médiocre ». Malgré les impacts des années précédentes, les indices se sont bien maintenus (tout poisson confondu).
Le bassin des Gardons présente des stations avec des indices plutôt « bons ». Cette année la station du Dourdon repasse de qualité bonne à excellente et gagne une classe de qualité. Il en est de même pour la station du Gardon de saint Frézal. Il s’agissait de poursuivre les stations suivies depuis plus de 5 ans maintenant. Peu d’évolution sur l’indice poisson même si les densités ont fortement diminué. Par contre, si les densités d’effectifs et en biomasse sont en chute, on retrouve toujours toutes les espèces, ce qui renforce la qualité de l’Indice Poisson Rivière (présence de chabots, blageons et même du barbeau méridional sur le Gardon de Sainte-Croix VF). Sur le gardon de Sainte-Croix VF, si les effectifs sont stables sur la station de la Clède, on observe une très belle reproduction de la truite sur la station à Biasses.
Le bassin de l’Altier/Chassezac a fait l’objet d’une attention renforcée cette années. Les résultats sont mitigés. Sur le bassin de l’Altier, le secteur du château du champ et celui de la Palhère dans Villefort présente une belle densité de juvéniles de l’année ce qui ne se retranscrit pas dans l’indice de qualité jugé « moyen ». Sur la station sur l’Altier, les résultats globaux sont stables mais c’est l’indice de biodiversité piscicole qui est faible avec l’unique présence de la truite fario. Sur la Palhère, on note de nombreux problèmes de rejet d’assainissement dans la traversée du village. Trois stations ont été prospectées sur le Chassezac. Les deux stations en amont de puylaurent sont expertisées tous les 3 ans. On observe une belle reproduction de la truite en 2025. Si les effectifs sont stables, on observe moins d’individus 1+, conséquence de la dernière crue ce qui induit un déclassement de l’indice de qualité en moyen au pont de l’Hermet. La station en aval de Puylaurent a pour la seconde fois été expertisée (dernière prospection en 2011). Les conditions de pêche étaient difficiles. L’indice de qualité est jugé « bon ». On observe un bon résultat en termes de recrutement de l’année par contre la présence des cohortes de 1 et 2+ sont représentées en faible densité.
Une seule station a été expertisée sur le bassin du Tarn. Il s’agit de celle du Bramont d’Ispagnac qui est suivi dans le cadre de la pollution aux hydrocarbures (2018). L’indice est classé bon en 2025 et gagne une classe de qualité par rapport à 2024 (moyen). La truite fario est présente en très forte densité grâce à une excellente reproduction (plus de 200 truitelles). Deux autres espèces sont présentes en faible densité l’écrevisse signal et le vairon.
Sur le Haut-Allier, deux stations ont été expertisées, l’Ance du sud et le Tombatou. Comme l’année dernière, l’indice de qualité est jugé moyen sur ce dernier du fait de l’unique présence de la truite (faible biodiversité). Par contre, en termes de résultats la densité par hectare est multipliée par 5 et on retrouve le même niveau qu’avant travaux de renaturation. On retrouve une belle reproduction de l’année. Concernant l’Ance du sud, la densité et la biomasse se maintiennent à un bon niveau comme en 2023. Le recrutement est correct et on retrouve quatre espèces dont le chabot. L’indice de qualité est jugé bon et reflète bien la qualité piscicole de ce cours d’eau.
Les résultats sur le bassin du Lot et de la Colagne sont hétérogènes avec quatre stations en bonne qualité (Lot au Bleymard, 2 stations du Bramont du Valdonnez et la Colagne à Rieutort-de-randon) et une en qualité médiocre (le Coulagnet). Sur cette dernière station, la densité a été multipliée par 9 grâce au recrutement exceptionnel sur la station (plus de 300 juvéniles). On note malgré tout une absence des cohortes 1+ dû à l’absence de recrutement de l’année dernière. Sur la station de la Colagne, malgré un bon indice de qualité, les résultats sont moins bons qu’en 2023. On observe une diminution de la densité dû à l’absence des individus 1+ (absence de recrutement en 2024). Les remarques sont identiques sur la station du Bramont à Balsièges où on observe un très bon recrutement (plus de 200 truitelles) mais une faiblesse sur les cohortes 1+. La station dans les gorges du Bramont a été réactivée depuis son arrêt en 2021 suite aux déversements en boites vibert et truitelles par l’AAPPMA afin de restaurer le milieu. On observe pour le moment une densité de truites multipliée par 3 avec une biomasse qui reste très faible. Il faudra attendre au moins 2 années pour voir si on observe un report de ces juvéniles en truites adulte. Concernant la note IPR du Lot au Bleymard, elle gagne deux points par rapport à 2024. L’indice s’améliore grâce à la densité qui est multipliée par deux avec une belle reproduction.
Enfin, les bassins du Bès et de la Truyère présentent trois stations avec l’indice « bon » (la Truyère à la Valette, la Bédaule et la Cabre), une station de qualité moyenne (la Rimeize) et une de qualité médiocre (les Plèches). Les résultats sur la Truyère, stables depuis plusieurs années, nous amène à la conclusion que la dérive typologique est réelle avec la présence de nombreux spirlin et que la Truyère sur ce secteur devrait être classée en milieu intermédiaire. La Rimeize se maintient en qualité médiocre avec une belle diversité mais de faible effectif comme les autres années. Sur l’Aubrac où la sécheresse a été la plus impactante pour les milieux, le résultat de l’IPR sur les Plèches est médiocre avec une faible densité en truite et de chabots. Les stations de la Bédaule et de la Cabre sont jugées de qualité bonne grâce à un très bon recrutement (près de 600 truitelles sur la station de la Cabre) et la présence d’une belle diversité piscicole et astacicole.
L’année 2025 étaient une année « exceptionnelle » en termes de recrutement pour la truite fario avec des effectifs pouvant aller jusqu’à 600 truitelles sur 100 mètres. L’impact des crues de printemps se retrouve sur la moitié des stations avec une faible densité d’individus 1+. Globalement, l’Indice Poisson Rivière est stable sur quasiment toutes les stations voir même en amélioration. En nombre d’espèces, on ne note aucune disparition. Malgré tout, certaines stations situées sur des têtes de bassin versant présentaient de belles populations (Bramont, Cabre, Gardons, sources du Lot…), preuve de la résilience forte de certains écosystèmes aquatiques sur ce département de sources.
